Hervé Baudu participe à la conférence sur l'Arctique

Hervé Baudu, professeur ENSM, participant à la conférence sur l'Arctique

Le 12 janvier, lors de la conférence Playing it cool, plus de 100 personnes se sont réunies à l'Ambassade de Finlande pour échanger sur le futur de la région arctique. Des fonctionnaires et des spécialistes de l'Arctique venant des organisations finlandaises et françaises, ainsi que des représentants d'entreprises et des diplomates ont participé à l'événement. Les intervenants ont souligné l'importance d'une coopération diversifiée, du développement durable et des innovations dans le développement de la région arctique.

Les mots clés de l'Arctique: coopération, environnement et technologie

Dans son discours de bienvenue, l'ambassadeur Teemu TANNER a mis l'accent sur le caractère coopératif de l'Arctique, malgré les tensions géopolitiques associées à la région. En effet, la coopération était un thème central de toute la conférence. Dans sa conclusion, à la fin de la matinée, Philippe ZAOUATI, membre du groupe d'experts de haut niveau sur la finance durable de la Commission européenne, a constaté que la solution aux défis polaires était une coopération diversifiée entre les différents groupes d'intérêt.

La France, connue pour son expérience polaire et spatiale, est un partenaire important pour la Finlande, qui a envoyé son premier satellite en orbite l'année dernière. Maurice GOURDAULT-MONTAGNE, secrétaire général, et Didier ORTOLLAND, sous-directeur du droit de la mer, droit fluvial et des pôles, du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères ont affirmé que la coopération arctique était importante également pour la France, État observateur du Conseil de l'Arctique.

La France et la Finlande partagent l'inquiétude sur les questions environnementales et climatiques. En effet, il a déjà été démontré que la collaboration pour protéger l'environnement et les ressources naturelles donnent des résultats. Les règles du droit international de la mer, par exemple, ont été reconnues utiles et elles sont respectées, le dernier développement étant la conclusion en novembre 2017 d'un accord sur la prohibition de la pêche dans la zone centrale de l'océan glacial Arctique.

Harri MÄKI-REINIKKA du comité de consultation arctique de Finlande a rappelé que "la lutte contre le changement climatique et les nouvelles technologies vont de pair." Les conditions sévères et l'écosystème délicat de l'Arctique exigent des technologies qui répondent aux standards les plus élevés. Cependant, il est possible de se préparer à des changements radicaux du climat en développant des solutions cleantech et greentech.

Dans l'avenir, le savoir-faire polaire deviendra de plus en plus crucial avec l'expansion des activités commerciales dans la région arctique. Selon Jari GUSTAFSSON, secrétaire général du ministère de l'économie et de l'emploi de la Finlande, parmi les avantages de la Finlande figurent le savoir-faire ainsi que la longue tradition de coopération dans le Nord. La Finlande joue le rôle d'intermédiaire entre l'Est et l'Ouest, tout en développant des solutions pratiques pour le commerce arctique.

Le savoir-faire arctique de la Finlande mis en avant

Pekka POKELA, directeur commercial chez Gaia Consulting, a présenté les activités de Team Arctic Finland. Cette organisation est chargée de la promotion du savoir-faire arctique de la Finlande et elle fonctionne comme un point de contact entre investisseurs et fournisseurs. Ce guichet unique qui donne accès aux technologies et au savoir-faire permet la création de nouveaux produits, services et opportunités de croissance.

La Finlande a pour objectif de réunir au sein du Conseil Économique de l'Arctique les États ainsi que les entreprises qui s'intéressent au développement de la région arctique, indépendamment de leur situation géographique. Le premier brise-glace GNL au monde, le finlandais Polaris, est résultat d'une telle coopération.

C'est la société finlandaise Wärtsilä qui a fourni la machinerie du Polaris. Guillaume DE ROYS, directeur général des ventes chez Wärtsilä France, a présenté plus en détail l'activité de l'entreprise. Wärtsilä est l'une des nombreuses sociétés finlandaises qui ont une longue expérience des conditions rigoureuses du Nord et dont le savoir-faire sera de plus en plus demandé dans l'avenir.

Des solutions concrètes aux défis polaires

Une table ronde, modérée par Mikaa MERED, expert-évaluateur pour l'Arctique auprès de la Commission européenne, a conclu la conférence. Un des thèmes débattus par les intervenants était comment aborder le défi du développement durable dans l'exploitation de l'Arctique.

Philippe CHARLEZ de SciencesPo et INSEAD a constaté que la solution au problème des émissions était soit de diminuer les émissions, soit de remplacer les sources d'énergie actuelles par d'autres moins polluantes. Il existe un lien étroit entre la politique énergétique et l'exploitation de la région arctique. Selon Timo RAUTAJOKI, directeur général de la Chambre de commerce de la Laponie, il existe un remarquable potentiel d'investissement dans le Nord. D'après l'estimation de l'Arctic Business Forum, 3,5 milliards d'euros seront investis en Laponie dans les cinq ans à venir. En plus du tourisme, les investissements s'orienteront vers les infrastructures énergétiques et de transports, entre autres. Il est important d'assurer que les investissements soient dirigés à des entreprises respectant les principes du développement durable.

Selon Mikael HILDÉN du Centre finlandais de l'environnement, la solution au changement climatique viendra de la combinaison entre technologies et institutions. La mise en pratique de nouvelles technologies n'est pas immédiate. Il faut commencer par de petites expérimentations locales qui préparent le terrain pour des projets d'une plus grande échelle. L'action politique suivra le succès de ces expérimentations.

Afin de pouvoir réagir aux défis climatiques, il faut d'abord avoir connaissance des problèmes potentiels. Les images satellites sont un outil indispensable pour l'observation de l'Arctique. D'après Isabelle DUVAUX-BECHON de l'Agence spatiale européenne, la technologie satellitaire sert également à améliorer les signaux de navigation dans l'océan Arctique.

L'augmentation du trafic maritime arctique est déjà d'actualité. Jean-Marc AUBRY de Technip FMC a raconté que cette société française a été la première, en 2015, à expérimenter le passage du Nord-Est pour le transport, depuis l'Asie jusqu'en Sibérie, des éléments massifs d'une nouvelle centrale GNL. Cette approche innovatrice à l'égard de la logistique a rendu possible ce grand projet de construction.

Hervé BAUDU de l'ENSM a souligné l'importance de nouvelles règles et de la formation des équipages face au nombre croissant de navires destinés à la navigation glaciale. Le code polaire de l'Organisation Maritime Internationale, entré en vigueur en 2017, répond à ces défis. Il contient des dispositions obligatoires relatives à la protection de l'environnement et des mesures de sécurité concernant les navires naviguant dans la zone arctique.

L'événement arctique a constitué pour les entreprises participantes une occasion de nouer des contacts et d'échanger des idées. De nouvelles solutions aux défis arctiques sont constamment développées. La Finlande, en tant qu'experte de l'Arctique, est pionnière de ce progrès: "If it works in Finland, it works everywhere!". L'Ambassade de Finlande a organisé la conférence en partenariat avec le Cluster Polaire.

Texte de Laura Kuusela, stagiaire à l'ambassade de Finlande à Paris, Photos Nora Klami

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