SOS Méditerranée, témoignage d'un élève OCQPI

Ludovic Duguépéroux, élève ENSM OCQPI, en conférence à l'EM Normandie

Témoignage. Élève OCQPI à l’École nationale supérieure maritime du Havre, Ludovic Dugueperoux est venu en aide, l’été dernier à bord de l’Aquarius, aux migrants qui traversent la Méditerranée. Il raconte son expérience.

Écouter l'interview France Bleu - Normandie de Ludovic Duguépéroux :

Lorsqu’il en parle aujourd’hui, l’émotion est encore palpable. Parfois, les mots ont du mal à sortir. Et on se dit qu’on ne peut probablement pas sortir indemne d’une telle expérience. Mais qu’est-ce qui a poussé Ludovic Dugueperoux, 34 ans, élève à l’École nationale supérieure maritime (ENSM) du Havre, à venir en aide aux migrants qui traversent la Méditerranée pour rejoindre l’Europe au péril de leur vie ?

Le point de départ de cette aventure humanitaire est le film documentaire Fuocoammare, par-delà Lampedusa du réalisateur italien Gianfranco Rosi, sacré Ours d’Or au festival de Berlin en 2016. « Je suis arrivé au Havre en 2015 pour mes études. Auparavant, j’étais à Brest. Je me suis intéressé aux migrants. J’ai lu pas mal d’articles sur le sujet. Au Havre, je suis allé voir ce film au Sirius. Je l’ai vu à deux reprises. J’en suis ressorti bouleversé. Je n’en ai pas dormi de la nuit... Un jour, j’ai eu la chance de rencontrer Antoine Laurent à l’Hydro. C’est le capitaine d’armement de l’association humanitaire SOS Méditerranée », se souvient Ludovic.

« C’est une vision d’apocalypse »

Rapidement, il se met en tête de postuler pour effectuer des missions avec l’association qui, avec Médecins Sans Frontières, disposent de l’Aquarius, un navire de 77 mètres de long qui peut embarquer à bord 600 personnes en détresse. En principe. Son triste record sera d’avoir accueilli jusqu’à 1034 naufragés. « J’ai mis en avant mes expériences passées à la SNSM, à bord des remorqueurs Flandre et Bourbon. Ça m’a aidé... » Depuis février 2016, date de ses premières missions, l’association SOS Méditerranée a secouru 27 101 personnes en mer. C’est au cours de l’été 2017 que Ludovic rejoint l’Aquarius qui est positionné toute l’année entre la Sicile et les côtes libyennes. « Nous recevons nos consignes d’un centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage qui se trouve à Rome. Sur zone, il y a d’autres intervenants comme des forces aéronautiques, des navires militaires ou les gardes-côtes italiens qui font d’ailleurs un travail extraordinaire. Il faut le souligner... »

L’Aquarius fonctionne avec treize membres d’équipage. À bord également, quinze personnes de Médecins sans Frontière, quatorze sauveteurs et parfois des journalistes. Le bateau est doté de deux cliniques. Ludovic a encore en tête ses premiers sauvetages. Des images dont il se souviendra probablement toute sa vie. « C’était au mois d’août. Il y avait 490 personnes à bord d’une petite embarcation. Les sauvetages sont toujours très périlleux. Il y a un protocole à respecter car les embarcations peuvent chavirer à tout moment. Ça peut être de simples bateaux en bois qui embarquent jusqu’à 700 personnes ou des bateaux pneumatiques. La plupart du temps, les naufragés qui sont presque nus présentent des brûlures sur les jambes à cause du mélange d’essence et de gas-oil. Ils sont tellement serrés qu’ils tiennent les enfants à bout de bras. Il y a des excréments et du vomi à bord. Certaines personnes sont déjà mortes. Je me souviens avoir porté assistance à un homme qui avait quatre balles dans le ventre... C’est une vision d’apocalypse... À bord de l’Aquarius, les migrants dorment à même le sol car les bannettes sont destinées aux malades », témoigne-t-il.

Ludovic Duguépéroux, en conférence, présentant la carte du trajet maritime des réfugiés

« Des visages que je n’oublierai jamais »

Seule une médiatrice culturelle qui parle plusieurs langues est habilitée à leur adresser la parole lors du premier contact, pour les mettre en confiance. « Ils ont tous des regards vides, le genre de regard qu’avaient les déportés d’Auschwitz lorsque les alliés les ont libérés... Finalement, le plus dur, c’est de les voir débarquer en Sicile. Ce sont des visages que je n’oublierais jamais. »

Les équipes de MSF distribuent des kits de survie, de quoi se vêtir, de l’eau, des biscuits énergétiques. Les équipes sont également chargées de recueillir à bord des témoignages pour les faire remonter aux organisations internationales..

Lire l'article complet sur le témoignage de Ludovic Duguépéroux - Paris-Normandie | Le Havre - 06/02/2018

Découvrir la formation d'Officier chef de quart passerelle international / Capitaine 3000
Soutenir SOS - Méditerranée

Imprimer E-mail

.   .   .   .

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et autres traceurs présents sur ce site dans le but de réaliser des statistiques de visites.